Tract #02
À vous, les belligérants d'une guerre qui n'aura pas lieu...
Ô Roi, vous qui représentez la tolérance et l’équité dans le royaume des hommes. Vous qui êtes notre guide et notre protecteur, dispensez votre Lumière dans le cœur de ceux qui devraient vous représenter. Vous êtes la voix, le visage, et le coeur de cette cité, entendez notre appel. Page d'accueil
Croyez-vous vraiment que vous allez nous leurrer et nous forcer à entrer dans votre danse macabre ? Croyez-vous que nous sacrifierons un seul homme pour vous donner raison ?

Nous ne sommes pas une personne, nous sommes une multitude de visages et de vies, nous sommes votre voisin, votre serviteur, votre fleuriste, nous sommes le mendiant qui tend la main, nous sommes le peuple ! Nous sommes une pensée, et quand bien même vous nous anéantiriez un par un pour le caprice de quelques profiteurs, l'idée que nous aurons implantée continuera de germer et de répandre ses graines dans le vent...

Vous pouvez tuer des hommes, vous ne pouvez pas tuer la liberté et notre envie insatiable de justice.

... si ce n'est dans vos esprits assoiffés de conquête, si prompts à brandir la menace du chaos, du sang et de la destruction pour faire taire la voix du petit, du pauvre, du peuple silencieux qui attend... Vous aimez à terroriser le citoyen, l'asservi, pour mieux garder votre emprise. Il est si facile de ne plus penser, de suivre sans rien dire, lorsque les temps sont durs. Il n'y aura jamais de moment plus propice à la pensée et au triomphe de la raison, pourtant, qu'en ces moments où de grandes décisions doivent se prendre, pas seulement pour notre survie, mais pour l'avenir de notre humanité. Il n'y a pas de grande civilisation sans ambition de progrès, d'un progrès pour la justice et l'équité. Il n'y a pas de civilisation là où la barbarie, la torture, et la loi du silence perdurent.

Citoyen Al Rakim, barbare parmi les barbares, le sang, il macule ton tabard, c'est la vie des hommes que tu as prise sous les traits du bourreau au fil de ton épée. Qu'as tu à répondre de ton appartenance à cet Ordre de fanatiques qui tuent et torturent pour leur folie, dont tu sembles si fier ? Es-tu si différent ? Quelles leçons as-tu à nous donner, toi qui restes silencieux parmi les Écarlates ? Pourquoi portes-tu encore leurs couleurs au lieu de représenter celles de la ville qui te nourrit, qui te donne ton statut de privilégié ? Non, citoyen Al Rakim, nous ne sommes pas les dispensateurs du chaos, nous ne sommes pas des meurtriers et si nous nous cachons, c'est que nous craignons les tueurs de ton espèce.

 

A vous les banquiers, les vrais charognards du peuple, qui tirez profit de la misère et des rêves de votre prochain... Vous voudriez gagner un peu de publicité sur notre dos ? Croyez-vous que quelques pièces d'or arriveront à maintenir l'illusion de vos si nobles intentions ? Voudriez-vous nous faire croire que vous agissez par bonté d'âme ? D'où vous vient ce soudain regain d'altruisme pour le bétail dont vous vous êtes engraissé, si ce n'est pour faire décoller vos petites affaires balbutiantes ? Accordez donc l'entier bénéfice des intérêts que vous touchez pour le peuple, car ce ne sont pas quinze misérables pièces d'or, une goutte d'eau dans votre océan de richesses, qui sauveront Hurlevent et garantiront la paix sociale.

 

A vous les pires d’entre tous, vous qui avez embobiné le peuple pour en faire votre bouclier, vous les Maldan Sombreval, les Von Tarkin, vous les escrocs de tout poil… C’est par votre faute si le peuple se trouve muselé, pris sous le joug impitoyable de ceux qui se prétendent représenter la loi. Car vous avez dispensé le sang, sans dispenser la justice et la liberté. Vous avez utilisé la misère du peuple pour votre propre gloire, et vos cruels desseins. Vous êtes la lie de notre monde, et si les prisons ont encore raison d’être, c’est vous qu’elles devraient contenir en premier. Nous n’aurons pas à commettre vos exactions pour rendre sa voix au peuple. Car vous avez abandonné vos idéaux à la première occasion. Nous ne vous ressembleront jamais, ni Défias, ni néo-Défias, ni comploteurs de l’ombre contre la couronne du Roi.